Those Who Walk The Land
Solo exhibition · Institut des Cultures d'Islam, Paris · 15 October 2025 – 11 January 2026
Originaire de Jénine, Sabreen Haj Ahmad interroge l’arsenal de la violence coloniale contre la nature. Sa réflexion s’intéresse à la fois à l’écologie et au rapport autochtone au monde.
Those Who Walk The Land est une série d’aquarelles qui mettent en images les récits de femmes en Palestine et dans la diaspora. Mères, filles et sœurs racontent l’arrachement à la terre et la persistance de la transmission.
Des figures féminines et des animaux emblématiques de la culture palestinienne (serpents, ânes, chameaux) habitent un monde flottant où la ligne d’horizon ne sépare pas le ciel de la terre. Les figures s’appuient sur la paume des mains et la plantes des pieds de l’artistes qui les a détouré sur la feuille qu’elle peint à même le sol.
Tout commence sur terre ; là où le jasmin et l’orchidée fleurissent ; où la vigne et les oliviers s’enracinent ; où la gourmandise des chèvres noires empêche les buissons piquants de s’embraser ; où les abeilles fendent l’air chargées de pollen et où les fourmis labourent les sols. L’européanisation des paysages, mise en place par l’importation de pins ou d’espèces d’oiseaux invasives, constitue l’une des armes d’un effacement du paysage programmé.
Tout commence sur terre, là où les mères enlacent les dépouilles de leurs fils avant de les laisser reposer. Là où leurs larmes gonflent les sillons des cours d’eau et irriguent les coquelicots, symboles des morts. Sabreen Haj Ahmad insiste sur les relations de soin en contexte colonial : le cordon ombilical et les sutures des broderies témoignent d’un rapport holistique à la terre, à la fois matériel et spirituel. Ses aquarelles, parfois métallisées, deviennent des enluminures, reprenant des compositions observées dans les lieux de culte chrétiens et musulmans de son enfance. Le paysage se fait monument.
La violence contre la terre joue fonctionne comme celle du bulldozer : elle efface les traces de l’histoire palestinienne, tente de recouvrir les souvenirs et de dissimuler les lieux d’habitation, de culte et de mémoire.
Il y a 70 ans, l’armée israélienne détruisit de nombreux villages palestiniens. Des pins furent plantés au milieu des ruines des maisons pour les dissimuler. Mais les racines des arbres ont fini par faire remonter les pierres des fondations à la surface. « Le peuple », disait Kateb Yacine, « ne fait pas la résistance pour son paysage, mais avec son paysage ». Car tout commence sur terre, là où l’orchidée, le jasmin et le coquelicot jamais ne flétrissent.
In Those Who Walk The Land, I draw from the oral histories of women in Palestine and its diaspora — mothers, daughters, and sisters whose stories embody both rupture and resilience against the colonial power. Their figures, alongside animals and plants emblematic of Palestinian culture such as snakes, donkeys, and orchids, inhabit floating worlds where earth and sky refuse separation. Each form is anchored in the imprint of my own hands and feet, traced onto paper placed directly on the ground, affirming a tactile relationship to place, and a map of my own body and its ancestral memories on paper.
I am particularly interested in how communal care and support emerges under colonial conditions: the umbilical cord, the stitches of embroidery, the rituals of tending soil. These motifs echo the holistic, material, and spiritual ties between people and their environment, and between people and people. By referencing illuminated manuscripts and sacred spaces from my childhood, I treat the landscape as a monument — an active witness that resists erasure. My practice ultimately asks how land remembers, and how art can restore connections where borders and bulldozers attempt to sever them.
— Sabreen Haj Ahmad
- Exhibition
- Solo exhibition
- Venue
- Institut des Cultures d'Islam
56 rue Stephenson, 75018 Paris - Dates
- 15 October 2025 – 11 January 2026
- Made
- During a residency at the ICI, May – July 2025
- Works
- 27 works, watercolour on paper